Transport partagé : ce qui change pour la dialyse, la chimiothérapie et les séances répétées

Depuis 2025, un transport partagé peut vous être proposé pour vos séances. Soins concernés, limites de détour et d’attente, conséquences d’un refus : le point complet.

Par Easy Taxi du Beauvaisis · · 5 min de lecture

Transport partagé : ce qui change pour la dialyse, la chimiothérapie et les séances répétées

Depuis 2025, lorsque vous êtes conduit en taxi conventionné ou en VSL vers des soins répétés, on peut vous proposer de partager le véhicule avec un autre patient. Ce n’est pas une option commerciale : c’est une règle de l’Assurance Maladie, fixée par un décret et un arrêté du 28 février 2025, qui a des conséquences sur votre prise en charge. Voici comment elle fonctionne.

Qu’est-ce qu’un transport partagé ?

C’est le transport simultané d’au moins deux patients dans le même véhicule — taxi conventionné ou VSL —, sur tout ou partie du trajet. Il peut concerner l’aller, le retour, ou les deux. Les transports d’urgence en sont exclus.

Quels soins sont concernés ?

Uniquement des soins répétés et programmés, dont la liste est fixée par arrêté :

  • les traitements médicamenteux du cancer administrés par voie générale, comme la chimiothérapie ;
  • les séances de radiothérapie ;
  • la dialyse pour insuffisance rénale chronique ;
  • les soins médicaux de réadaptation (rééducation) ;
  • les soins réalisés dans le cadre d’une hospitalisation de jour.

Une consultation isolée ou une hospitalisation complète ne sont pas concernées : le transport partagé vise les trajets réguliers, prévus à l’avance.

Pourquoi l’Assurance Maladie encourage le partage

Les dépenses de transport de patients ont atteint 6,3 milliards d’euros en 2023, dont 60 % pour le transport assis professionnalisé, c’est-à-dire les VSL et les taxis conventionnés. Or le transport partagé ne représentait qu’une faible part des trajets. L’Assurance Maladie en attend un coût moyen plus bas par trajet, une offre de transport plus facile à trouver pour les patients et un impact environnemental réduit. Pour vous, la contrepartie est un trajet parfois un peu plus long ou une attente un peu plus longue, dans les limites décrites plus bas.

C’est votre médecin qui dit si c’est possible

Le transport partagé ne vous est proposé que si votre état de santé le permet. Sur le bon de transport, le prescripteur indique si votre état est incompatible avec un transport partagé ; en l’absence de cette mention, le partage est considéré comme possible. Si vous pensez qu’il ne l’est pas, parlez-en à votre médecin : c’est à lui seul d’en juger, pas au transporteur.

Des limites pour protéger le patient

  • Le détour ne peut pas dépasser 10 km par patient supplémentaire, dans la limite de 30 km au total.
  • L’attente sur le lieu de soins, avant l’heure prévue de prise en charge et après les soins, ne doit pas dépasser 45 minutes au total.
  • Le transporteur prévient l’accueil du lieu de soins qu’il s’agit d’un transport partagé.
  • Un accompagnant reste possible s’il y a de la place dans le véhicule : signalez-le à la réservation.

S’il n’y a pas d’autre patient à prendre en charge dans ces limites, le trajet se fait seul, normalement, avec la dispense d’avance de frais.

Si vous refusez : vous avancez les frais

Vous pouvez refuser un transport partagé. Le transporteur doit alors vous expliquer les conséquences de ce refus et le noter sur la facture. Vous perdez la dispense d’avance de frais : vous réglez le trajet au chauffeur, puis vous êtes remboursé par votre caisse et, le cas échéant, par votre complémentaire. La loi prévoit aussi, à terme, un remboursement minoré en cas de refus : renseignez-vous auprès de votre caisse sur son application.

Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État conservent la dispense d’avance de frais, même en cas de refus. Et si votre prescription mentionne une incompatibilité, vous voyagez seul sans rien perdre.

En pratique, dans une berline

Notre véhicule est une berline : un transport partagé y réunit au plus quelques patients assis, en général vers le même établissement — le service de néphrologie-dialyse ou l’hôpital de jour d’oncologie du centre hospitalier Simone Veil de Beauvais, par exemple. Nous organisons l’ordre des prises en charge pour respecter les limites de détour et d’attente, et nous vous indiquons à l’avance l’heure de passage. Pour vos séances, consultez nos pages taxi dialyse et taxi chimiothérapie et radiothérapie.

Les questions à poser avant la première séance

  • Mon bon de transport mentionne-t-il une incompatibilité avec le transport partagé ?
  • Le trajet est-il lié à mon ALD, donc pris en charge à 100 % ?
  • L’établissement est-il à plus de 50 km, avec au moins quatre trajets en deux mois ? Il faut alors un accord préalable.
  • À quelle heure dois-je être prêt, et combien de temps peut durer l’attente au retour ?

Les règles détaillées figurent dans la circulaire de l’Assurance Maladie du 18 avril 2025 sur le transport partagé et sur la fiche « Frais de transport » de service-public.gouv.fr (vérifiée le 1er octobre 2026).

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